Au Rwanda, directeurs d’écoles et parents réclament une meilleure valorisation du français dans le système éducatif. Selon eux, le français, qui n’est plus intégré aux examens nationaux, attire moins l’attention des élèves, malgré les initiatives soutenues par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour renforcer son enseignement dans certaines écoles publiques. Ces responsables appellent les autorités éducatives à mettre en place des mesures concrètes afin de permettre aux élèves de maîtriser le français aux côtés de l’anglais, indispensable pour leur avenir professionnel.
La Francophonie et les écoles rwandaises
Parmi les missions de l’OIF figure la promotion du français dans les établissements scolaires. Cette promotion passe par l’organisation de cours, de concours de poésie, de débats entre élèves des écoles secondaires publiques, ainsi que par des activités culturelles, artistiques et de divertissement entre établissements.

Etudiants de TTC Gacuba II
Les directeurs d’écoles ayant bénéficié de ces programmes affirment qu’ils ont contribué à améliorer la qualité de l’enseignement du français dans leurs établissements. Selon le directeur des études du Teacher Training College (TTC) Gacuba II, la présence d’enseignants volontaires francophones a renforcé l’apprentissage et stimulé l’intérêt des élèves. Ces enseignants, formés aux méthodes pédagogiques du français langue seconde, utilisent notamment le théâtre, la danse et la poésie pour rendre les cours plus vivants.
« Leur simple présence change beaucoup de choses dans le comportement des élèves : l’expression orale s’améliore et les enfants osent désormais parler français », explique le directeur.
Des défis persistants
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles restent à surmonter. Le français n’étant plus évalué dans les examens nationaux, certains élèves accordent moins d’importance à cette discipline.
La société elle-même constitue un autre défi : « Avant, on apprenait le français à l’école mais aussi à la maison. Aujourd’hui, les élèves n’ont quasiment aucun contact avec le français en dehors de l’école », explique un responsable scolaire.
Mukamabano Anoncee, parent d’un élève du TTC, constate des progrès chez son enfant depuis qu’il suit les cours dispensés par les volontaires francophones :
« L’année dernière, mon enfant commençait à chanter des chansons en français à la maison. Aujourd’hui, il peut tenir une vraie conversation, ce qui était impossible auparavant. »
Pour ce parent, il est essentiel que les autorités éducatives renforcent l’enseignement du français. Selon lui, maîtriser cette langue, en plus de l’anglais, ouvre de meilleures perspectives professionnelles et facilite l’accès aux opportunités internationales.
Le rôle de l’OIF au Rwanda

Accueille de la troisième promotion de 50 enseignant(e)s volontaires issus de 15 pays membres de l’OIF
Le programme est mis en œuvre par l’OIF en collaboration avec le Rwanda Education Board (REB). Chaque année, l’OIF sélectionne des enseignants volontaires francophones issus de différents pays pour venir enseigner dans les écoles publiques rwandaises. Cette année, le REB a accueilli 50 enseignants provenant de 15 pays.
Selon Oria Kije, responsable de la communication à l’OIF, la majorité des projets de l’organisation visent à répondre aux défis auxquels les jeunes sont confrontés, notamment dans le domaine de l’éducation.
Appel aux autorités éducatives
Directeurs d’écoles et parents appellent les autorités rwandaises à renforcer les stratégies visant à motiver les élèves à apprendre le français. Selon eux, la maîtrise de plusieurs langues constitue aujourd’hui un atout majeur dans un monde globalisé.
Contacté pour réagir à ces revendications, le Ministère de l’Éducation du Rwanda n’a pas donné suite à notre demande.
UMUKOBWA Aisha
